Mise en garde : à ne pas lire si vous n’avez pas encore déjeuné, si vous venez juste de déjeuner ou si vous avez l’estomac fragile. Et si vous essayez de manger mieux.
Si ma mère avait été là, à observer ce que je me sers chaque matin au petit-déjeuner {et combien de fois je prends mon petit-déjeuner dans la même journée, je sais chéri}, elle m’aurait surement dit : ma fille, ce n’est pas bien de manger des œufs en chocolat comme tu le fais. Tu devrais faire du sport, ça te changerait. Et Pâques c’est loin.
Merci maman pour tes précieux conseils. Je vais méditer sur tout ça et on s’appelle.
Il y a bien longtemps que ma mère ne surveille plus ce que je dévore à grandes bouchées et il y a bien longtemps que ça se voit que je mange n’importe quoi, n’importe comment.
L’hygiène de vie, pour moi, c’est un slogan tendance qui part à la rescousse de magazines en chute libre.
Enfin jusqu’à…
Jusqu’à ce que je me dise que je passe trop de temps dans les rayons biscuits et je ne connais même pas le prix d’un concombre.
Jusqu’à ce que je me dise que j’ai beau courir 3o minutes comme une dingue le dimanche matin et que ca ne change rien : je ne rentre toujours pas dans mon nouveau jean.
Jusqu’à ce que je me dise qu’en ajoutant un petit footing de plus le mercredi et quelques exercices hasardeux quand le climat genevois matinal le permet… ça ne change toujours rien.
Jusqu’à ce que je me dise qu’il faut peut-être que je regarde ailleurs d’où vient le problème.
Notamment dans mes placards de cuisine. Des fruits et des légumes, où ça ? Et combien faut-il en manger par jour ?
Qu’on se le dise, je n’ai pas la meilleure hygiène alimentaire. Je peux me préparer un mini-bol d’une dizaine d’olives {c’est peut-être vraiment un mini-bol mais cela reste des olives…} et enchainer par trois tranches de pain de mie chaudement grillées et tartinées de confiture aux oranges amères.
Cherchez pas.
Et j’éviterai de vous faire toute une liste des mélanges fous qui me viennent à l’esprit quand j’ai faim ou des banales excuses que je pourrais trouver, en vous narrant ces fois où je prends des photos de tablettes de chocolat. Mouais, facile.
Evidemment, quand on passe par la case NY, il y a de quoi s’alarmer…
Bon, en vérité, il n’y a pas que la case NY qui a tiré la sonnette d’alarme mais aussi insidieusement la case « et pourquoi je ne rentre pas dans ce foutu jean alors qu’il m’allait bien dans la cabine ?? » et plus insidieusement encore « oui, je sais, je vais avoir 33 ans, et s’il faut penser à changer un peu mes habitudes alimentaires, ce serait bien de m’y mettre maintenant. » Ce qui revient à prouver que mes résolutions, je ne les prends pas en fin d’année mais en soufflant mes bougies.
Au-delà du besoin de consommation primitif que font naître en vous toutes les boutiques de la grosse pomme réunies, il est un besoin quasi nul qui se nourrit de lui-même, si je peux dire, à savoir : manger.
Et je ne parle pas des vendeurs de hot-dogs dans la rue. Je ne parle pas non plus du mini-bar dans la chambre d’hotel. Non je parle de ces foutus chocolats chauds à 350 Kcal le gobelet chez notre ami Starbucks ou aux bagels de toute sorte dans les superettes du coin. Je parle des cookies de Pepperidge Farm et des paquets de M&M’s d’un kilo.
De toute ma carrière de mangeuse de grand-n’importe-quoi, j’ai connu pire qu’à NY. Mais j’ai eu tout le temps de me poser – pas dans un Starbucks – et de me dire : est-ce que j’ai vraiment envie de ce truc hyper gras ?
Je me suis même imaginée en maman pas-modèle-du-tout :
- oh l’autre eh, t’as vu ce que tu manges ! (un copain de ma fille)
- bah quoi, ma mère fait pire que ca… (la fille de sa mère)
C’est vrai que quand on n’a pas d’enfant, c’est une raison de plus – minable raison j’en conviens… – de faire ce qu’on veut pour le repas du soir, voire de ne pas faire de repas du soir.
Bref.
Alors, je vous le demande : pourquoi manger mal quand on peut manger bien ?
Je connais la réponse, oui, oui, parfaitement.
Fainéantise, stress ou simplement gourmandise. Et j’en oublie surement.
Bon, je n’en suis pas encore à prôner le bio et toute la clique qui va avec mais je crois que j’en ai marre de courir des kilomètres et de tout gâcher l’infime instant d’après en me plongeant corps – et papilles – dans mes placards de cuisine.
Il est temps de faire quelque chose.
C’est l’été, le temps des fleurs et des bikinis.
Et pis j’aimerais bien rentrer dans mon nouveau jean.

…et les cerises du jardin maman, je peux ??
*The perfect girl… que je ne suis pas.
*.*.* Très beau WE à vous *.*.*
