Archive for juillet 2009
{ petit crabe }
Nous sommes en juillet, nous sommes en été et… il pleut.
Rien de plus classique.
La carapace du petit crabe, parfois s’en va.
Moins classique.
Et le petit crabe, parfois est touché, alors qu’il ne s’y attend pas.
{le petit crabe c’est moi.}
Hier soir, un coup de fil au bureau au mauvais numéro (le mien à la place d’un collègue), et ce qui semble être une bien triste nouvelle.
Entendre la voix de cet homme désarmé.
Percevoir ses larmes, le genre de larmes qu’on aimerait retenir.
Ne plus savoir quoi dire…
Depuis combien de temps, combien d’années, mon émotion n’est dictée que par des choses heureuses ?
Gros mensonge.
Mais ce que le petit crabe veut bien laisser voir est toujours sur la carapace.
Interdit de gratter.
C’est toujours ce qui fait rire, ce qui est amusant que le petit crabe accepte de montrer. Pas seulement parce que je trouve que se morfondre ne sert à rien mais parce que c’est tellement plus sympa de parler de choses gaies.
Hier encore, je proclamais que la vie était trop courte pour se laisser abattre. Mais ce sont-là les paroles d’une femme qui pourrait avoir cinquante ans, non ?
Cependant, devrais-je me laisser abattre parce que je n’ai pas cinquante ans ?
{non pas envie, juste l’addition merci.}
Je me surprends toujours à vouloir rendre les choses plus drôles, à tirer profit d’une situation catastrophe pour n’en garder que le meilleur ou à taper du point sur la table quand il faut se ressaisir.
Alors que.
Alors que…
Alors que les émotions tristes existent aussi, et qu’il n’est jamais bon de les enfouir – où que ce soit.
Je me suis dit, c’est comme un signe, je devais être loin mais j’étais encore au bureau, je devais finir ce dossier mais je n’y arrivais pas et j’aurais pu ne pas décrocher… mais j’ai décroché.
Comme un signe.
Mais un signe de quoi ?
Peut-être un signe que je sais encore m’émouvoir ? {et pas seulement devant une œuvre de Friedrich, et pas seulement pour les belles choses…}
A une heure où je suis sensée être déjà loin, au lieu de partir je réponds à un appel qui n’est pas pour moi.
Vulnérabilité de l’homme au bout du fil : 1oo %.
Réceptivité du petit crabe qui a décroché bien malgré lui : 2oo %.
Réflexion post-émotion : à son paroxysme.
Prenez de l’encre.
Prenez un buvard.
Si l’encre est la tristesse de cet homme, alors je suis le buvard…
C’est ainsi, parfois Dame Nature donne un corps de rêve à des femmes, parfois elle donne une réceptivité émotive exacerbée. Je ne sais toujours pas comment te remercier Dame Nature.
Bon, ce matin il pleut mais je ne vais pas pleurer si ?
Bon, ce matin, j’écoute David Sides et alors, je ne vais pas pleurer non plus… si ?
Bon, la maman de mon collègue va très mal et… je vais essayer de ne pas pleurer.
Pour finir par une note gaie, parce que le naturel du petit crabe revient toujours au galop : si vous ne connaissez pas encore Elsie Cake… courez lui rendre visite !

{je dis pas qu’il faut se mettre à pleurer
rien qu’en voyant des pommes de pin
écrasées sur son chemin}
Très beau week-end à vous et… belles émotions en perspective
*.*.*.*
17 comments juillet 11, 2009