{ petit crabe }

juillet 11, 2009

En compagnie d’un génie

Nous sommes en juillet, nous sommes en été et… il pleut.
Rien de plus classique.

La carapace du petit crabe, parfois s’en va.
Moins classique.
Et le petit crabe, parfois est touché, alors qu’il ne s’y attend pas.
{le petit crabe c’est moi.}

Hier soir, un coup de fil au bureau au mauvais numéro (le mien à la place d’un collègue), et ce qui semble être une bien triste nouvelle.
Entendre la voix de cet homme désarmé.
Percevoir ses larmes, le genre de larmes qu’on aimerait retenir.
Ne plus savoir quoi dire…

Depuis combien de temps, combien d’années, mon émotion n’est dictée que par des choses heureuses ?
Gros mensonge.
Mais ce que le petit crabe veut bien laisser voir est toujours sur la carapace.
Interdit de gratter.

C’est toujours ce qui fait rire, ce qui est amusant que le petit crabe accepte de montrer. Pas seulement parce que je trouve que se morfondre ne sert à rien mais parce que c’est tellement plus sympa de parler de choses gaies.
Hier encore, je proclamais que la vie était trop courte pour se laisser abattre. Mais ce sont-là les paroles d’une femme qui pourrait avoir cinquante ans, non ?
Cependant, devrais-je me laisser abattre parce que je n’ai pas cinquante ans ?
{non pas envie, juste l’addition merci.}

Je me surprends toujours à vouloir rendre les choses plus drôles, à tirer profit d’une situation catastrophe pour n’en garder que le meilleur ou à taper du point sur la table quand il faut se ressaisir.
Alors que.
Alors que…
Alors que les émotions tristes existent aussi, et qu’il n’est jamais bon de les enfouir – où que ce soit.

Je me suis dit, c’est comme un signe, je devais être loin mais j’étais encore au bureau, je devais finir ce dossier mais je n’y arrivais pas et j’aurais pu ne pas décrocher… mais j’ai décroché.
Comme un signe.
Mais un signe de quoi ?
Peut-être un signe que je sais encore m’émouvoir ? {et pas seulement devant une œuvre de Friedrich, et pas seulement pour les belles choses…}

A une heure où je suis sensée être déjà loin, au lieu de partir je réponds à un appel qui n’est pas pour moi.
Vulnérabilité de l’homme au bout du fil : 1oo %.
Réceptivité du petit crabe qui a décroché bien malgré lui : 2oo %.
Réflexion post-émotion : à son paroxysme.

Prenez de l’encre.
Prenez un buvard.
Si l’encre est la tristesse de cet homme, alors je suis le buvard…
C’est ainsi, parfois Dame Nature donne un corps de rêve à des femmes, parfois elle donne une réceptivité émotive exacerbée. Je ne sais toujours pas comment te remercier Dame Nature.

Bon, ce matin il pleut mais je ne vais pas pleurer si ?
Bon, ce matin, j’écoute David Sides et alors, je ne vais pas pleurer non plus… si ?
Bon, la maman de mon collègue va très mal et… je vais essayer de ne pas pleurer.

Pour finir par une note gaie, parce que le naturel du petit crabe revient toujours au galop : si vous ne connaissez pas encore Elsie Cake… courez lui rendre visite !

il va faire beau

{je dis pas qu’il faut se mettre à pleurer
rien qu’en voyant des pommes de pin
écrasées sur son chemin}


Très beau week-end à vous et… belles émotions en perspective

*.*.*.*

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17 Comments Add your own

  • 1. une fille & la toile  |  juillet 11, 2009 at 3:27

    Depuis ce matin je retiens les larmes d’une conversation hier soir, du genre de celles qui brisent le coeur. Je gardais ma carapace pour surtout ne pas laisser les morceaux s’étaler sur mon plancher. Et j’ai lu ton billet. Et je n’y arrive plus. Merci de si bien trouver les mots qui me touchent…

    Répondre
  • 2. imabree  |  juillet 11, 2009 at 3:56

    Tu as raison, laisse couler…
    Les émotions sont comme les critiques, pas toujours souhaitées, pas toujours enviables…
    Mais il arrive que de belles émotions ne soient pas forcément d’heureuses émotions.
    Allez ma grande, demain est un autre jour pas vrai ?
    Bises à toi,
    g.

    Répondre
  • 3. Eré  |  juillet 13, 2009 at 1:19

    Oh ! comme ta note fait écho à une émotion intense ressentie il y a deux jours. Une émotion dure, presque insoutenable, peut-être parce que c’est une émotion ancienne ressentie avec plus d’acuité le temps passant, quand on sait que, non, c’est fini, mais une émotion vraie, riche de sens et finalement tellement pleine de vie. Je me suis retenue, j’ai contracté tout mes pores, j’ai dressé mes murailles…mais hier j’ai pleuré et je me suis sentie en paix avec mon émotion. Alors, peut-être, parfois, faut-il mieux vivre ce qui est vrai plutôt que de s’isoler dans une pièce sans mur ni fenêtre.

    Répondre
  • 4. véronique  |  juillet 13, 2009 at 2:50

    Ton post résonne drôlement dans mon coeur
    Quand j’étais petite, j’étais ube éponge. Je pleurait 12 fois par jour, riait au moins autant. Et puis j’ai grandit et incidemment j’ai accumulé les épaisseurs. Parce que le monde qui nous entoure est loin de Candy. Parce que la souffrance, la vraie, elle existe et que j’avais besoin de force et d’oeillères pour pouvoir accomplir ce que je faisais, je n’avais pas envie de souffrir comme quand j’était petite et que la fin du monde arrivait 12 fois par jour.
    Alors je suis passée à travers, on se calfeutre en me disant qu’on que c’était ma nature -insensible, vaguement égoïste.
    Ca fait un an que j’enlève les épaisseurs. A l’insu de mon plein gré. Je ne sais pas bien pourquoi tout d’un coup je ne peux plus vivre avec une carapace.
    Pourvu que ce ne soit pas la maturité…

    Et demain, c’est jour férié. Ca va être léger léger léger !

    Répondre
  • 5. veronique  |  juillet 13, 2009 at 2:52

    Désolée pour toutes les coquilles de mon commentaire :(. Ca m’apprendra à te répondre à l’instinct, très vite avant d’éteindre mon PC.

    Répondre
  • 6. imabree  |  juillet 13, 2009 at 3:36

    Véronique, t’inquiète pas, je suis comme ca moi aussi, je sème des coquilles de temps à autres – sans doute parce que je réponds à l’instinct également : )
    Pour faire suite à ce que tu dis, je ne sais pas si tout le monde change et si celles & ceux qui semblaient insensibles le deviennent avec le temps et, inversement, si celles & ceux qui se morfondaient pour le monde 12 fois par jour ont développé une carapace incassable…
    Toujours est-il que je change et que, finalement, ce n’est pas pour me déplaire…

    Eré, on ne retiendrait pas une émotion si elle était heureuse, facile et j’en passe… tu ne crois pas ? Ca ne demande aucun effort de pleurer de joie.
    Mais on met tellement de temps à se rendre compte que les émotions dures ne sont pas si terribles que ca… et que, parfois, elle font même du bien !

    Bises bises et… maintenant place au sourire : )
    g.
    {en plein repos prolongé}

    Répondre
  • 7. miss zen  |  juillet 20, 2009 at 6:25

    Accepter la tristesse, ne pas la fuir, l’apprivoiser, l’accepter comme une des emotions de la vie : je crois que cela peut liberer, rendre plus fort, plus humain…

    Répondre
  • 8. Eré  |  juillet 21, 2009 at 8:04

    g., c’est exactement cela : une émotion facile est une émotion fuyante, c’est peut-être pour ça qu’il faut se concentrer pour retenir le bonheur…

    J’espère que le sourire est revenu.

    Répondre
  • 9. les chéchés  |  août 5, 2009 at 12:16

    des pensées au petit crabe, en espérant que ces quelques mots délaissés sur la toile l’ai un peu soulagé (faut-il dire que malgré la tristesse, il y a une certaine douceur à les recevoir?… je n’ose pas)
    j’espère que tout va mieux, hein, maintenant.
    bises.

    Répondre
  • 10. lulu  |  août 13, 2009 at 11:48

    Hello G.,

    Je profite de ma courte escale pour t’envoyer mes amitiés + un grand bonjour estival. ;)

    En ce mois d’août, moi j’écoute Bowie ;)
    ;) A l’occasion, Rappelle à l’oreille du petit crabe mon adresse mail ;) et si le coeur lui en dit, c fait pour.
    A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Moi je suis du genre carpe! ;) :)) ;)

    lulu

    Répondre
  • 11. lulu  |  août 15, 2009 at 11:13

    c encore mi ;)

    pour la musique: y a aussi Rachid Taha qui musicalement parlant donne bien la pêche ! : le morceau Stenna par ex.
    ça balance au son d’un rythme moderne ! pas le même genre, mais facile d’écoute : U2… la pêche totale à chaque écoute surtout leur dernier! ;)
    bref! c’était une idée comme ça! @+. lulu. ;)

    Répondre
  • 12. lulu  |  août 15, 2009 at 11:30

    bon ok j’ai pas choisi le morceau le plus pêchu de Monsieur Taha… c un roker… punk! mais très attachés à ses racines musicales culturelles. A découvrir. certains morceau dépotent au maximum, faire attention au son pour oreilles fragiles, ;), c’est puissant!.
    Bisou, Bisou que pour toi G.
    @+
    lulu

    Répondre
  • 13. lulu  |  août 15, 2009 at 11:39

    Encore mi!, pour faire court, le morceau qui vous son quart d’heure en une salle de sport tout en douceur rythmée progressive :
    Maydoum. ;)

    Lulu

    Répondre
  • 14. Valerie  |  août 17, 2009 at 3:01

    à éviter, surtout chez les crabes : le syndrome de la cocotte minute… parce que oui ça peut finir comme ça…
    il y a un joli roman qui dit que dans les réponses on trouve souvent bien des questions…
    merci pour ce post miroir dans lequel je reconnais bien une partie de moi
    xo

    Répondre
  • 15. camaienne  |  septembre 2, 2009 at 6:38

    bon, alors depuis ce temps ?

    Je t’ai taggée hier.. En vacances peut-être ?

    Des bises !

    Répondre
  • 16. Jennie  |  septembre 3, 2009 at 2:08

    Salut,
    toujours en vacances?
    Reviens nous vite, tes textes me manquent et je continue à me connecter toutes les semaines dans l’espoir de nouveautés.
    A bientôt j’espère
    Jennie

    Répondre
  • 17. les chéchés  |  septembre 10, 2009 at 8:15

    tout va bien, petit crabe? restons patients…

    Répondre

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