Archive for septembre 2009
{ Emotions }
{ Parce que cette musique me poursuit… }
Il y a bien longtemps que je n’avais pas ouvert cette boite.
Le travail méticuleux du livre de photos implique chaque jour quelques recherches d’objets, ici et là, qui offrent leur lot de surprises quotidien.
Je savais où était ma petite boite, je savais que personne ne l’avait déplacée, et je savais aussi parfaitement ce qu’elle renfermait.
Du moins, ma mémoire le pensait.
D’un tri à un autre, de place manquante en place manquante, hier matin, je finis par tout sortir du placard et… je finis par la voir.
Alors, comme dans un geste que je ne peux contrôler, comme guidée par un réflexe silencieux, j’ai voulu voir à l’intérieur…
Il y avait bien longtemps que je n’avais pas ouvert cette boite.
Elle était un peu devenue comme une boite de Pandore et son contenu me faisait peur, pour tous les souvenirs qu’il pouvait évoquer.
Cette boite vient de loin et renferme de minuscules bribes de vie, à la fois palpables et indicibles.
Cette boite est vieille, déchirée dans un des coins du couvercle et sur le point de rendre l’âme tant elle a été écrasée.
Mais j’ai la sensation que plus elle est vieille, plus je tiens à elle.
Cependant, j’ai toujours eu peur de l’ouvrir à nouveau, car je sais alors quelles conséquences ce geste anodin peut entrainer : nostalgie et regrets.
Et j’ai pensé : “comme si j’avais besoin de ça en ce moment.”
Et pourtant, comme un réflexe, j’ai voulu voir, une fois encore, ce qu’il y avait à l’intérieur.
Je fais confiance à ma mémoire, je l’entraine régulièrement depuis une ou deux années, parce que j’ai senti qu’elle s’endormait.
Pourtant, hier matin, malgré la lumière qui perçait dans le bureau d’ordinaire si sombre : impossible de douter.
Le contenu de la boite était bien en évidence, totalement à ma merci.
Et moi, et moi… en proie à de vives émotions.
Je pensais y trouver cela… j’y découvrais ceci.
Ma mémoire me jouait un mauvais tour.
Rien de ce que je voyais ne répondait à ce que je m’attendais à trouver.
Est-ce qu’on avait changé ma vieille boite de place ?
Etait-ce une autre boite ?
Hélas peu de doutes…
Comment j’avais pu oublier de merveilleuses petites choses auxquelles, quelque temps plus tôt, j’accordais une importance totale ?
Et comment ces objets, capables de susciter en moi une si grande émotion, avaient-ils été à ce point occultés ?
Des carnets de photos encore emballés, un petit sac en vieux cuir rose, quelques romans anglais ou le ruban qui avait si joliment orné le cadeau offert par l’hôtel où nous vivions à Bangkok…
Je suis une éternelle conservatrice, ce n’est plus à prouver. Mais je fais des efforts, et je trie, et je jette beaucoup plus depuis quelques années.
A l’exception de deux ou trois raretés dont il est impossible de me séparer.
Mais hier matin, je me suis demandé à quoi tout ceci pouvait me servir ?
A quoi cela me servait de donner de l’importance à des objets, quand les souvenirs ne sont même pas entretenus, quand ils restent enfermés une année entière, voire plus ?
Je garde toutes ces petites choses mais je ne m’en souviens même pas…
A quoi ça sert ?
Je réalise ce matin en découvrant le contenu de la boite que si les émotions sont toujours aussi vives, je n’avais plus aucune idée de ce que j’allais vraiment trouver.
Et si je perdais cette boite… et bien je n’aurais pas la moindre idée de ce que j’aurais perdu.
A chaque fois que j’ai l’occasion de toucher ces objets, ils me rappellent immanquablement trop de souvenirs et si je reste trop longtemps à les observer, je peux être sure de me mettre à pleurer.
Mais pour autant que je puisse le parier, je ne conserve pas toutes ces merveilles dans le seul but de me morfondre.
Alors à quoi bon ?
Puisque je ne m’en sers pas, puisqu’elles restent enfouies dans des boites cachées au fond de mes placards et puisque je finis tôt ou tard par en oublier le contenu…
A quoi bon ?
A quoi bon me morfondre à chaque fois que je les ouvre ?
✿✿✿✿✿✿✿✿✿
Malgré la peine évidente avec laquelle je suis retournée à mes activités, ce matin, sans comprendre vraiment ni pourquoi ni comment, je n’ai pu m’empêcher, une fois de plus, de remettre chaque objet découvert dans la boite, de la refermer avec précaution et de la ranger au fond du placard.
Je ne saurais dire combien ces objets me touchent et avec quelle facilité déconcertante (voire navrante) je parviens à les oublier et je ne saurais dire, ce matin encore, ce qui motive mon geste de les enfermer une nouvelle fois et pourtant je le fais, de façon presque inconsciente.
Peut-être que je n’ai pas la moindre envie d’utiliser un jour un seul de ces objets.
Peut-être que la boite n’est là que pour réveiller mes émotions.

Ces deux petits bols à thé se trouvaient dans la boite.
Ils sont si fragiles qu’ils sont emballés de plusieurs couches de papier.
J’ai du attendre de déballer tout le papier pour savoir ce qu’il renfermait… et je me suis souvenu, alors, que je les avais achetés dans un marché en Chine parce que j’adorais l’idée d’y boire un jour mon thé.
Evidemment, même si c’est toujours le cas, et même si je les trouve magnifiques, je les ai également remballés…
✿ Belle journée à vous ✿
7 comments septembre 27, 2009
{ Contre-sens }
Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur du petit crabe, je suis absente pour le moment, depuis un long moment – sic – veuillez laisser un message après le signal sonore et je vous répondrai dès mon retour.
{Enfin… si j’ai le temps.}
✿.✿.✿.✿.✿
Hier encore, les choses ne semblaient pas si floues.
Ce matin, à l’aube, rien n’était moins sur.
En prenant ma « plume » virtuelle, je réalise à quel point je suis loin du but final. Et à quel point, en reprenant possession de ce lieu, j’aurais aimé vous annoncer la réalisation de quelques projets déments {mais que j’en suis encore à deux ou trois années lumières.}
Ne jamais perdre espoir, ne jamais perdre confiance, et se répéter ces mots à tue-tête s’il le faut.
Il y a tant de petites étoiles dans mon agenda depuis le début de l’été que je ne l’ai même pas vu passer.
Il y a tant de rêves que j’aimerais concrétiser que je ne fais plus trop la différence entre dormir et rester éveillée.
Et il y a tant de projets que les dates estimées sont pour la plupart périmées…
Je reviens peu à peu à une vie plus normale, à un agenda moins dément et à des choses un peu plus terre à terre ; comme par exemple faire ses courses pour acheter du papier toilette au lieu d’utiliser les mouchoirs Lotus mentholés n’est-ce pas…
Avec tous ces projets, tous mes projets – que je m’accapare avant même qu’ils n’aient le temps de comprendre ce qui leur arrive – j’ai la tête qui tourne et tourne comme dans un manège enchanté, comme en plein Paris, comme sur un nuage, comme, comme, comme… Elle tourne, elle tourne ma pauvre tête…
Et voilà que ma grande copine dame perfection revient au galop, accompagnée cette fois de sa petite sœur… mam’selle migraine.
Dis voir, migraine, j’ai oublié de te parler d’un tout petit détail mais, euh, chez moi c’est 3ooo euros de loyer.
Ah bon, tu restes quand même ?
Miséricorde.
On fait ce qu’on peut dans la vie et quand on croit que faire ce qu’on peut se résume à essayer de donner un sens – quelconque, le premier sens qui vient, allez hop, je le prends – aux petites étoiles de l’agenda, aux dizaines de petites étoiles {vous êtes trop nombreuses mes belles, que vais-je faire de vous ?} eh bien ma foi… on en bave.
En tout cas : j’en bave.
Peut-être parce que je n’ai pas la vie qui va avec les projets que je lui donne.
Peut-être parce qu’après une journée de bureau, mon laptop est précisément {et fatalement} le seul appareil de la maison que je ne peux plus voir en peinture.
Et peut-être aussi parce qu’il me faudrait trois bonnes heures de sommeil avant de plancher – et pour éviter notamment que perfection se ramène à 9hoo du soir avec sa frangine migraine.
J’avance si lentement – contrairement au calendrier…
Difficile de continuer à chanter à tue-tête « ne jamais perdre espoir, ne jamais perdre confiance… »

Heureusement, rayon de soleil dans la grisaille, je lis et m’inspire des si beaux livres et magazines japonais qui se dégustent à l’envers… alors que moi, je rêve d’aller de l’avant !
Contradictoire ?
✿.✿.✿.✿.✿
Des mercis pour vos petits mots si beaux et pour vos longs mots non moins charmants.
Des mots qui me touchent énormément et qui me surprennent.
Ainsi donc je susciterais tant d’émotions ?
Et des mots qui me font rire, et des mots qui me mettent une douce pression aussi (si, si).
Et parfois, certains mots, de longs mots que j’ai du lire et relire, et qui m’ont laissée la larme à l’œil…
*.* Belle fin de week-end *.*
10 comments septembre 13, 2009
