Article Taggé Pomme de pin
{ petit crabe }
Nous sommes en juillet, nous sommes en été et… il pleut.
Rien de plus classique.
La carapace du petit crabe, parfois s’en va.
Moins classique.
Et le petit crabe, parfois est touché, alors qu’il ne s’y attend pas.
{le petit crabe c’est moi.}
Hier soir, un coup de fil au bureau au mauvais numéro (le mien à la place d’un collègue), et ce qui semble être une bien triste nouvelle.
Entendre la voix de cet homme désarmé.
Percevoir ses larmes, le genre de larmes qu’on aimerait retenir.
Ne plus savoir quoi dire…
Depuis combien de temps, combien d’années, mon émotion n’est dictée que par des choses heureuses ?
Gros mensonge.
Mais ce que le petit crabe veut bien laisser voir est toujours sur la carapace.
Interdit de gratter.
C’est toujours ce qui fait rire, ce qui est amusant que le petit crabe accepte de montrer. Pas seulement parce que je trouve que se morfondre ne sert à rien mais parce que c’est tellement plus sympa de parler de choses gaies.
Hier encore, je proclamais que la vie était trop courte pour se laisser abattre. Mais ce sont-là les paroles d’une femme qui pourrait avoir cinquante ans, non ?
Cependant, devrais-je me laisser abattre parce que je n’ai pas cinquante ans ?
{non pas envie, juste l’addition merci.}
Je me surprends toujours à vouloir rendre les choses plus drôles, à tirer profit d’une situation catastrophe pour n’en garder que le meilleur ou à taper du point sur la table quand il faut se ressaisir.
Alors que.
Alors que…
Alors que les émotions tristes existent aussi, et qu’il n’est jamais bon de les enfouir – où que ce soit.
Je me suis dit, c’est comme un signe, je devais être loin mais j’étais encore au bureau, je devais finir ce dossier mais je n’y arrivais pas et j’aurais pu ne pas décrocher… mais j’ai décroché.
Comme un signe.
Mais un signe de quoi ?
Peut-être un signe que je sais encore m’émouvoir ? {et pas seulement devant une œuvre de Friedrich, et pas seulement pour les belles choses…}
A une heure où je suis sensée être déjà loin, au lieu de partir je réponds à un appel qui n’est pas pour moi.
Vulnérabilité de l’homme au bout du fil : 1oo %.
Réceptivité du petit crabe qui a décroché bien malgré lui : 2oo %.
Réflexion post-émotion : à son paroxysme.
Prenez de l’encre.
Prenez un buvard.
Si l’encre est la tristesse de cet homme, alors je suis le buvard…
C’est ainsi, parfois Dame Nature donne un corps de rêve à des femmes, parfois elle donne une réceptivité émotive exacerbée. Je ne sais toujours pas comment te remercier Dame Nature.
Bon, ce matin il pleut mais je ne vais pas pleurer si ?
Bon, ce matin, j’écoute David Sides et alors, je ne vais pas pleurer non plus… si ?
Bon, la maman de mon collègue va très mal et… je vais essayer de ne pas pleurer.
Pour finir par une note gaie, parce que le naturel du petit crabe revient toujours au galop : si vous ne connaissez pas encore Elsie Cake… courez lui rendre visite !

{je dis pas qu’il faut se mettre à pleurer
rien qu’en voyant des pommes de pin
écrasées sur son chemin}
Très beau week-end à vous et… belles émotions en perspective
*.*.*.*
17 comments juillet 11, 2009
{ Madame rêve* }
Il fallait prendre une décision.
Lorsqu’on range la planche à pain dans le frigidaire, et qu’on ne s’en aperçoit que 24 heures plus tard, il faut forcément prendre une décision.
Ne plus manger de pain ?
Non.
Ne plus couper son pain sur une planche ?
Non plus.
Ne plus… ?
Oui.
Presque.
Apres un mois d’horaires assommants, j’ai attendu ce matin l’heure tardive où le soleil aurait déjà fait fondre la neige.
J’ai pris tout mon temps pour savourer mon thé et exploré cette nouvelle façon de vivre en bougeant au ralenti.
Savoir apprécier chaque chose qui vient se fondre dans le quotidien. Mon quotidien.
Mais qu’en reste t-il ?
Apprendre à tirer profit des instants d’une banalité frappante et pourtant, si elle frappe on ne s’en rend jamais compte.
Ou trop tard.
Quand les journées sont longues, quand on devient – tristement – sédentaire et, qu’en prime, le soleil nous boude encore… on apprend non pas à rentrer plus tôt mais à rentrer plus vite.
Or, j’aimerais me dire par exemple que quitter le bureau n’implique pas de rentrer chez soi.
Que je peux encore flâner, voire marcher jusqu’au bus.
Que je peux respirer l’air glacial en me fichant bien qu’il soit glacial.
Que je peux, que je peux, que je peux…
C’est ça qui compte vraiment.
Mais quand on fait 2O heures supp. en un mois, le rythme de vie en prend un coup.
Un léger coup, mais un coup quand même.
A côté, les petits projets – ou même les grands – sont presque oubliés, rangés loin des yeux… et loin du cœur.
L’inspiration les suit, avec cet odieux plaisir qui me souffle tout bas : c’est pas à ce rythme-là que tu vas nous pondre un truc toi.
Ouais, mais moi je suis pas une poule ok.
Je n’ai pas de meilleur argument…
Bref, je n’avance pas.
Remarquez, je ne recule pas pour autant.
Mais stagner, c’est bon pour qui ?
Dans le fond, à part me plaindre…
Je ne suis qu’une grande rêveuse.
Cette grande rêveuse… qui ne se réveille pas.

Photo/clin d’œil pour le préféré de mes petits ‘t’ – et son tag.
*Oui, il s’agit bien d’un clin d’œil à Bashung.
La décision à prendre quand on range la planche à pain dans le frigidaire est de faire une pause.
Une pause net notamment : ainsi depuis 2 semaines et un jour par semaine, hors contexte bureau, l’ordinateur & moi, on s’ignore totalement.
Photo prise avec mon nouvel objectif que j’apprivoise doucement… En attendant la suite.
⌘⌘⌘⌘⌘⌘⌘⌘⌘
Belle journée
15 comments février 15, 2009